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Un producteur engagé
Chaque semaine, Rinus Beintema, résident de Leeuwarden, expédie des milliers de sachets d’huile de cannabis (contenant du THC) aux personnes aux Pays-Bas qui souffrent de maladies graves. Mais jusqu’à quand cela pourra-t-il durer ?
Un marché en pleine expansion
La demande pour son produit est considérable : l’huile de cannabis avec THC est accessible uniquement sur ordonnance, mais de nombreux praticiens hésitent à la prescrire en raison du manque de preuves sur son efficacité. Actuellement, environ 14 000 patients se tournent vers la fondation Beintema pour en obtenir. Rinus produit lui-même l’huile et gère aussi sept clubs sociaux à des endroits tels que Zwolle, Utrecht et Rijswijk, où il fournit des informations. Au total, sa fondation Suver Nuver fonctionne remarquablement bien.
Un procès à l’horizon
La justice s’apprête maintenant à poursuivre Beintema et sa fondation pour violation des lois sur l’opium et les médicaments. À sa grande surprise, Beintema accueille cette situation avec satisfaction, cherchant ainsi à attirer l’attention médiatique. Son objectif est de défendre la légalisation du cannabis, y compris de l’huile de cannabis bénéfique pour beaucoup de personnes, selon ses dires. Il se montre donc très serein lors d’une audience prévue au tribunal de Zwolle, ce lundi après-midi.
Démarrage de l’aventure
Pour Beintema, le voyage vers la production d’huile de cannabis a commencé après avoir quitté le milieu des cultivateurs de cannabis illégaux. Il prétend avoir abandonné ce circuit malfamé pour se battre pour l’utilisation bénéfique de l’herbe. Cela a conduit à la création d’une fondation qui produit et distribue l’huile à grande échelle à travers les Pays-Bas. Cependant, ces dernières années, le ministère de la Justice a intercepté un nombre important de ces envois, y compris au centre de tri de Post NL à Zwolle. Selon le pouvoir judiciaire, Beintema viole la loi sur l’opium et la loi sur les médicaments, tandis que le procureur affirme que son site internet précise les conditions médicales dans lesquelles les produits à base de cannabis peuvent être utilisés.
Une vision nuancée
D’après l’avocat de Beintema, Maître Tim Vis, la situation est plus complexe. « Ce n’est pas présenté comme un médicament, mais comme un complément alimentaire naturel susceptible d’apporter un soulagement dans certaines situations. » Il demande au juge d’inviter une vingtaine de clients utilisant l’huile de cannabis pour partager leur expérience et d’autres volontaires des clubs sociaux pour témoigner de l’information objective. Il espère également faire témoigner l’ancien maire de Leeuwarden, Ferd Crone, qui a montré un certain soutien aux initiatives de Suver Nuver.
Un combat pour 14 000 personnes
Le procureur quant à lui, reste implacable. Selon lui, le fait que l’huile de cannabis soit bénéfique pour certains ne détermine pas sa légalité. Il précise que l’enjeu est de savoir si tout cela peut être conforme à la législation. La décision du tribunal quant à l’audition des témoins sera prise dans deux semaines, mais la date du début du procès demeure incertaine. Beintema, de son côté, se montre réticent à anticiper l’issue, affirmant : « Je ne laisse pas 14 000 personnes dans le froid ! J’espère pouvoir continuer mes activités dans un cadre légal, notamment à travers une étude scientifique à laquelle je collabore avec deux universités, sans toutefois révéler leurs noms.
Une étude scientifique convaincante
Une étude menée par des chercheurs de l’Université du Colorado a mis en lumière que le cannabis médical pourrait potentiellement réduire le taux de mortalité après des crises cardiaques et des AVC. Les chercheurs ont lancé leur analyse en 2018, supposant qu’en raison de la légalisation croissante du cannabis dans le monde, la consommation de celui-ci augmenterait proportionnellement, entraînant ainsi plus d’admissions à l’hôpital pour des infarctus.
Les chercheurs ont exprimé leur crainte que les consommateurs de cannabis puissent encaisser un risque accru d’effets indésirables, notamment chez les patients victimes d’AVC.


